Simon Carrot

Metteur en scène, artiste de cirque, acteur

Né en 1981, Simon Carrot grandit sur un plateau d'Ardèche.
Dans la ville la plus proche a lieu tous les ans un festival d'arts de la rue.
C'est dans cet espace libre qu'il découvre l'art vivant.
A 9 ans, il décide que le spectacle est sa voie et commence à créer les siens.
Palmira Archier, l'organisatrice du Festival de la Manche, le prend sous son aile et l'aide à présenter ses premières créations dans plusieurs festivals.
A 14 ans, il part seul vivre à Besançon pour suivre la formation du Cirque Plume qui deviendra l'Ecole du Cirque et de la Créativité Yole. Il y rencontre Lan N'Guyen.
Celui-ci lui transmet sa méthode de créativité intitulée « Système de six thèmes » dont il tire sa propre interprétation.
Il prend ensuite la route des écoles nationales de cirque, en parallèle de ses études de Philosophie à la Sorbonne.
Il intègre le Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne.
Il y rencontre Alexandre Del Perugia et participe à ses recherches sur l'apesanteur et sur les jeux enfantins.
Celui-ci lui permet d'approfondir sa relation au jeu, notamment par l'exploration des jeux de vertiges et des jeux de simulacres.
Il obtient son diplôme en 2005.

Ses études terminées, Simon Carrot envisage le cirque comme un centre toujours en mouvement.
A travers la mise en scène, le regard extérieur, ou l'interprétation, il explore différents champs afin d'ouvrir son point de vue.
Il collabore à plusieurs créations, s'intéressant notamment au rapport corps-objet.
Il explore le lien entre le point de suspension (moment d'apogée sur la parabole d'un lancer) et la composition en musique classique avec le collectif de jongleurs Le Petit Travers (co-auteur et regard extérieur de Pan-Pot).
Il met en scène une roue de 5 mètres de haut permettant aux artistes de voltiger et d'effectuer des acrobaties avec Les Philébulistes (metteur en scène d'Arcane).
Ces différentes créations sont notamment présenté à Avignon, au Festival du Cirque de Demain, et  tourne en France, Belgique, Angleterre, Allemagne, Hollande, Espagne, Italie, Roumanie, Portugal, Argentine, Japon...
En parallèle, dans le cadre d'un dispositif de compagnonnage, il s'approprie la pratique de la marionnette en tant qu'assistant de Jean-Louis Heckel (directeur pédagogique de l'Institut International de la Marionnette à Charleville-Mézières) (La Grande Clameur).
Il continue également de nourrir ses qualités d'interprète en tant que danseur avec la Compagnie Starting Point en Allemagne (The Wood Project).
Intrigué par la relation du vivant et de l'image, il s'immerge pour un temps dans le domaine du cinéma. Il découvre l'intérêt que suscite un acteur « physique » dans un domaine souvent empêtré dans sa virtualité.
Malgré la différence entre art vivant et média, il lui semble que du point de vue dramaturgique, ces deux champs ne font qu'un.
Il décide de créer un laboratoire de croisement entre cirque et cinéma qu'il mène toujours actuellement.

Fort de ces expériences, il est prêt à développer une ligne artistique propre et crée en 2010 La Tournoyante Production.  
Il implante la compagnie en Ardèche, soucieux de tendre un lien entre sa terre natale, qu'il considère comme un espace de ressource, et Paris où il vit aujourd'hui.
Il crée un solo Limbes, spectacle d'un abyme, qu'il envisage comme une plate-forme ouverte visant à définir son identité dramaturgique.
Avec Kosm, deuxième création de la La Tournoyante Production, il affirme sa radicalité.
En sortant de l'illustration, en s'appuyant sur des principes de composition et d'écriture inhérentes aux agrès, il crée une écriture propre au cirque : le « ballet manipulatoire ».
Il décide que les acteurs ne seront animés que par des intentions objectives :
aller vers, toucher, mettre en mouvement, le modifier, éviter, regarder, attendre, ressentir, etc...